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T3 2026 de SEB : stagnation du chiffre d’affaires au 3ème trimestre et sur les neuf premiers mois de l’année 

 

Le CA publié pour le 1er trimestre 2026 s’est établi à 1964 M€ (-0,1% en organique) et à 5707 M€ pour les neuf premiers mois (+1,1% en organique). Cette stagnation est observée sur toutes les zones, à l’exception des Amériques (+9,2% en organique) qui a essentiellement bénéficié d’un rattrapage par rapport aux 9 premiers mois de 2025 (-7,3% en organique). Il est, par ailleurs, interpellant de constater que le Groupe SEB ne donne aucune précision sur l’évolution attendue du chiffre d’affaires pour l’ensemble de l’année 2026 et reconnaît implicitement une absence de visibilité, en insistant sur « l’environnement macroéconomique et géopolitique … dégradé ».

Pour notre part, nous attendons dans le meilleur des cas un chiffre d’affaires de 8250M€ (+1% par rapport à 2025), ce qui constitue avec l’année 2024 (8266 M€) le meilleur niveau par rapport à 2021 (8059 M€) présentée à l’époque comme une année record. Au total depuis cinq ans l’absence de dynamique des ventes se confirme, ce que le plan Rebond de début 2026 a trop tardé à prendre en compte. La perte de parts de marché par rapport à la concurrence asiatique, aujourd’hui admise en termes de stratégie commerciale et d’innovation, prendra plus de temps à corriger que le simple recours à des suppressions d’emplois.

En termes de performance des branches, au-delà de l’atonie quasi générale de l’activité (EMEA dans son ensemble et Asie y compris la Chine), la poursuite de la chute du chiffre d’affaires de la branche Professionnel devient inquiétante ; après une baisse organique amorcée au 2ème semestre 2024 (- 33% par rapport au S1 2023) qui s’est poursuivie sur l’ensemble de l’année 2025 (-5,9%), les neufs premiers mois de 2026 affichent encore un recul de 4,8% en organique (dont -9,1% au T3) sans que le groupe s’engage précisément pour le 4ème trimestre de l’exercice en cours. SEB insiste néanmoins sur la bonne tenue de la partie services (environ 240 M€ sur un CA 9 mois de 691 M€, soit 35% du total de la branche) qui génère les plus fortes marges. Rappelons que le Professionnel intègre plusieurs petites acquisitions relativement coûteuses qui étaient censées constituer des relais de croissance, ce qui n’est pas prouvé à ce stade.

Au niveau du résultat opérationnel d’activité (ROPA), le Groupe précise tardivement sa perspective de croissance : +5 à 10% sur l’année contre simplement une croissance du ROPA auparavant. Pour le T3 2026, SEB annonce une hausse du ROPA de 8,7% (161 M€) par rapport au T3 2025 (148 M€) qui était lui-même en recul de 26% par rapport au T3 2024 (200M€) ; l’amélioration de la marge opérationnelle qui en résulte (8,2% contre 7,7% au T3 2025) est à relativiser, sachant que depuis 2019 la marge de ROPA du T3 était régulièrement supérieure ou égale à 10%, à l’exception de 2022 qui avait connu deux avertissements sur les résultats. Sur les 9 premiers mois 2026, la progression de 26,5% du ROPA fait suite à un recul de 46% sur la même période de 2025 ; l’amélioration de la marge de ROPA à 5,8% contre 4,7% en 2025 est loin d’être spectaculaire car elle repose essentiellement sur les économies opérationnelles de 35M€ dues au plan Rebond et à une contribution des remboursements de droits de douane (près de 20M€ dont 15 M€ au 1er semestre).

Pour notre part, nous considérons que, sur la base des prévisions fournies par le Groupe SEB, le ROPA 2026 serait donc compris entre 630 et 660 M€ (marge de ROPA entre 7,6% et 8% sur la base de notre estimation de chiffre d’affaires de 8250 M€). Cette prévision du Groupe repose intégralement sur les 50 à 60 M€ d’économies attendues du plan Rebond en 2026. Ce niveau de marge de ROPA s’inscrit au plus bas depuis au moins 2013, à l’exception de 2022 (7,8%) et 2025 (7,4%) soit deux exercices d’alertes sur les résultats. Même en 2020, année du Covid, la marge de ROPA était de 8,7% sur un chiffre d’affaires 15% plus faible que celui attendu pour 2026.

Concernant la situation financière, le Groupe SEB ne fournit aucune indication sur le Free Cashflow et la dette nette au 30/09/2026. Il indique simplement en termes de perspective 2026 : une « génération de Cash-flow libre plus normative dans le prolongement du 1er semestre » et un « levier financier (dette nette/ Ebitda) en baisse et un objectif autour de 2x à l’horizon 2027 ».

Concernant la génération de Cash-flow libre (FCF), rappelons qu’elle n’était que de +53 M€ au 1er semestre 2026 mais marquait une nette amélioration par rapport aux S1 2025 (-213 M€) et 2024 (-215 M€). Il faut toutefois retenir que la génération de cash est structurellement très faible au 1er semestre et que le Groupe a souvent indiqué, par le passé, qu’en année pleine et en vitesse de croisière il était en mesure de générer 400 à 450 M€ de FCF. Cela suppose qu’au S2 2026 SEB génère environ 350 M€, ce qui paraît difficile à ce stade en raison du décaissement d’une partie des coûts de restructuration (départs de salariés s’étalant de septembre 2026 à mars 2027) et de l’absence de visibilité sur l’activité.

Concernant le levier financier (dette nette/Ebitda), rappelons que la dette nette ressortait au 30/06/26 à 2,52 Md€ (dont 311 M€ de dette IFRS) soit un levier de 2,8x, et à 2,34 Md€ au 31/12/2025 soit un levier de 2,7x. L’annonce d’une baisse de ce ratio de levier en 2026 est une bonne chose après la progression régulière des dernières années. Cependant l’ampleur de cette baisse demeure dépendante du niveau de FCF que dégagera le Groupe au second semestre. Notons que sur l’année 2025, le paiement en juin du dividende de l’exercice précédent a partiellement reposé sur une augmentation de l’endettement, la dette nette passant de 1926 M€ au 31/12/2024 à 2150 M€ au 31/12/2025 (avant paiement de l’amende à l’autorité de la concurrence) ; cette augmentation de 176 M€ a résulté d’un FCF insuffisant (124 M€) pour couvrir l’ensemble des décaissements (350 M€ dont 207 M€ de dividendes). Si la génération de cash était encore une fois insuffisante en 2026, il se peut que l’objectif de baisse de la dette nette soit difficile à atteindre à la suite du maintien du dividende payé en juin 2026 au titre de 2025 (202 M€).

Au total, la publication des résultats du 3ème trimestre et des neuf premiers mois de 2026 confirme notre sentiment que la route va être longue pour retrouver en 2027 voire 2028 le modèle de croissance rentable dont SEB se réclame depuis 2022, sans avoir réussi à y parvenir jusqu’ici. Au-delà de l’impact des plans d’économies et de la réduction des effectifs, le succès du plan Rebond va largement dépendre de la capacité du Groupe à redynamiser la croissance de son activité, ce qui à ce jour n’est pas perceptible. Dans le cas contraire la politique de distribution volontariste va continuer de reposer sur un recours régulier à la hausse de la dette nette.

Compte tenu de la situation d’endettement et de la faiblesse du flux de trésorerie disponible (FCF) au 1er semestre 2026, FÉDÉRACTIVE avait préconisé à juste titre la baisse du dividende à l’AG SEB de mai 2026 mais le Président et le Conseil d’administration à l’unanimité ont rejeté une proposition prudente et pleine de bon sens qui est confirmée a postériori.

Vous trouverez sur le site de FÉDÉRACTIVE www.federactive.com le présent communiqué.

Le 28 octobre 2026

Communiqué de presse FÉDÉRACTIVE
Ventes et informations financières SEB des 9 premiers mois 2026
Contact FÉDÉRACTIVE : Pascal Girardot - 06 86 44 75 71 - pascal.girardot4@gmail.com