AG SEB : un vote des minoritaires instructif et des réponses du Conseil d'administration qui ne nous convainquent pas
Votes des minoritaires en Assemblée Générale SEB du 12 mai 2026 (AG)
Les voix présentes ou représentées à l’AG se sont élevées à 78%. Par hypothèse les voix des actionnaires représentés par le Conseil d’administration se sont élevées à 66,1% (concert familial, FSP et BPI FRANCE), FÉDÉRACTIVE représentait 12,7% des voix et les actionnaires minoritaires 21,2% (total de 100%).
La résolution A proposée par FÉDÉRACTIVE (dividende abaissé de 40% à 1,68 €) devait peser sur le résultat de la résolution 3 d’affectation du résultat qui proposait un dividende de 2,80 €, égal au dividende de l’exercice précédent. En effet, par hypothèse un actionnaire qui soutient la baisse du dividende SEB proposée par FÉDÉRACTIVE vote contre la résolution 3 d’affectation du résultat.
Près de 20% des votes des minoritaires ont soutenu la résolution A. Même si cette proportion peut paraître faible, il faut prendre en considération que pour un actionnaire minoritaire qui a subi la contreperformance du titre en bourse depuis plusieurs années, le maintien du dividende est un lot de consolation. Il demeure assez remarquable que, dans un tel contexte, 20% des minoritaires aient voté comme FÉDÉRACTIVE.
Près d'un tiers (31%) des minoritaires ont approuvé la proposition de FÉDÉRACTIVE de limiter l’enveloppe globale de la rémunération allouée aux administrateurs (résolution B). Cette proportion importante souligne la défiance croissante vis à vis de la Direction du Groupe.
Les rémunérations 2025 du Président et du Directeur Général (résolutions 8 et 9) sont contestées par les minoritaires : 51,5% des votes contre la rémunération du premier et 42,8% contre la rémunération du second. Leurs rémunérations 2026 (résolutions 11 et 12) sont moins contestées. Le marché attend surtout que soient prises en compte très clairement dans la détermination de la rémunération variable du Directeur Général et dans la rémunération fixe du Président, les priorités de redressement économique et opérationnel du Groupe. Or la rémunération fixe du Président maintenue à 750.000 €, qui se cumule avec sa rémunération d’administrateur de 55.000 € (qui sera augmentée à 80.000 € en 2026, comme annoncé lors de l’AG) auxquelles s’ajoute sa retraite de 450.000 € payée par SEB (qui n’est plus publiée dans le DEU SEB depuis 2022) sont contestées. La situation préoccupante du Groupe en 2025 aurait justifié que le maintien de la rémunération fixe du Président soit conditionné à la réussite du plan Rebond, que le Président renonce à sa rémunération d’administrateur pour éviter le cumul avec sa rémunération fixe (cumul contesté par les règles de bonne gouvernance) et qu’au minimum le montant de sa retraite payée par SEB ne soit pas dissimulé. Il n’y a clairement pas de participation à l’effort et un manque d’exemplarité évident. Concernant la rémunération variable du Directeur Général, le marché note la baisse due aux critères quantitatifs de chiffre d’affaires et de résultat opérationnel d’activité mais juge que la baisse de sa rémunération variable est limitée par l’atteinte à hauteur de 90% d’objectifs qualitatifs sans que les critères ne soient connus et appréciables par les actionnaires. C’est l’opacité qui domine et aucun éclairage n’a été apporté à l’Assemblée Générale.
La nomination d’administrateurs familiaux (non indépendants et soumis à l’emprise du Président) est contestée par les minoritaires. 54,5% ont voté contre la nomination de William Gairard (résolution 5) et 46,4% contre la nomination de Thierry Lescure (résolution 6).
Réponses du Conseil d’Administration aux questions de FÉDÉRACTIVE
Ayant pris connaissance des réponses apportées par le Conseil d’Administration à ses questions adressées en amont de la dernière Assemblée Générale, FÉDÉRACTIVE note que celles-ci sont lacunaires, insuffisamment étayées et souvent non alignées avec les questions posées. Elles privilégient des éléments descriptifs ou de principe au détriment d’analyses factuelles et chiffrées.
Certaines des réponses apportées ne nient pas les constats posés par FÉDÉRACTIVE, sans y opposer aucune analyse basée sur des faits précis et tentent de faire passer les signes d’inquiétude relevés pour des non-évènements. D’autres apportent des explications se contredisant, ce qui laisse percevoir une gêne réelle du Conseil d’Administration.
Cette situation limite la capacité des actionnaires à exercer pleinement leur rôle de contrôle et d’appréciation de la stratégie du Groupe.
Le choix d’esquiver le dialogue avec un actionnaire représentant près de 10% des droits de vote, impliqué pour le redressement du Groupe et présent au capital depuis la constitution de la société, illustre un dysfonctionnement de la gouvernance et traduit un refus de l’équilibre des pouvoirs et des questionnements à visées constructives.
Ce manque de transparence rejoint la liste des manifestations d’une gouvernance déséquilibrée et fragile, aux côtés d’un Conseil d’Administration trop nombreux, de la surreprésentation des administrateurs concertistes familiaux majoritaires dans ce Conseil et d’un Président qui conserve de nombreuses et stratégiques missions exécutives, 4 ans après la dissociation des fonctions de Président et Directeur Général.
FÉDÉRACTIVE poursuit sa démarche d’actionnaire impliqué, suivant assidûment l’évolution de la situation du Groupe et rendant publiques ses analyses indépendantes. FÉDÉRACTIVE continuera également à initier des tentatives de dialogues constructives, nécessaires au retour de la confiance et du développement durable du Groupe.
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Le 3 juin 2026 Communiqué de presse FÉDÉRACTIVE - post AG SEB 2026 : Vote des inoritaires et analyses des réponses du Conseil d’administration
Contact FÉDÉRACTIVE : Pascal Girardot - 06 86 44 75 71 pascal.girardot4@gmail.com