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S1 2026 de SEB : Certes une amélioration, toutefois bien timide, et surtout entachée par une absence de visibilité

Le Groupe Seb a publié ses ventes et ses résultats du premier semestre 2026 le 22 juillet 2026. Il a affiché une amélioration de sa performance opérationnelle au S1 2026 (marge de ROPA de 4,6%) mais sur une base de comparaison très favorable puisque le 1er semestre 2025 avait été marqué par le plus faible taux de marge historique du groupe (3,5%). Il aurait donc été alarmant de faire pire que l’an passé.

Les ventes du 1er semestre 2026 reculent de 0,1% en données publiées (3743 M€) mais progressent de 1,7% à taux de change et périmètre constants, en légère accélération par rapport au S1 2025 (+0,6%) ; le Cash-flow libre (FCF) se redresse (+53 M€ contre -213 M€ au S1 2025) grâce à une forte diminution des investissements de 38% (99 M€ contre 160 M€) et à une amélioration de 43 M€ du besoin en fonds de roulement d’exploitation, soit 17,9% des ventes (18,6% au S1 2025), suite à une diminution de 115 M€ des stocks par rapport au 30 juin 2025, leur poids se rapprochant de la norme du groupe pour une fin de 1er semestre.

En dépit de ces facteurs favorables la dette nette (2516 M€ au 30/06/2026) progresse de 174 M€ par rapport au 31/12/2025, ce qui implique que la distribution de 202 M€ de dividendes a entraîné une hausse de l’endettement du Groupe. Même si, par rapport au 30 juin 2025, la dette a baissé de 140 M€, le ratio de levier reste élevé (2,8x l’Ebitda au 30/06/2026 contre 2,9x). L’objectif de SEB d’un retour à un levier normatif de 2x fin 2027 demeure donc très ambitieux.

Enfin, le résultat net semestriel part du groupe ressort en perte de 124,1 M€ après l’impact des charges exceptionnelles liées au plan Rebond (178 M€), celles-ci ayant à nos yeux dû être provisionnées sur l’exercice 2025, année de l’annonce et du chiffrage du plan. Retraité de leur impact après impôt sur le compte de résultat, celui-ci ressort positif de 41 M€. Notons que ces charges exceptionnelles ne sont que des provisions, les futurs décaissements surviendront à partir de septembre 2026 (premiers départs en France et en Allemagne). L’impact sur la génération de liquidités d’exploitation (FCF) va commencer à se manifester au 2ème semestre et continuera de se faire sentir plus fortement en 2027, le groupe ayant annoncé que l’essentiel des décaissements aura lieu l’an prochain.

Une analyse fine de la formation du ROPA conduit à un diagnostic mesuré sur l’ampleur de l’amélioration du 1er semestre 2026 : 

En termes de croissance organique dans le Grand Public (+2,3% contre +2,2% en 2025 à taux de change et périmètre constants ou tcpc), nous notons 1/ un effet de base très favorable sur la Zone AMERIQUES au T1 et T2 (+8,4% sur le semestre après un recul de 5,5% au S1 2025) ; 2/ un net essoufflement sur la Zone EMEA au T2 par rapport au T1 qui ramène la croissance de +2,5% au T1 à +1,6% sur l’ensemble du 1er semestre, l’impact positif des ventes promotionnelles en France n’ayant joué qu’au T1 2026. Enfin, en ASIE un net ralentissement de la croissance organique est observé (+1,1% contre +3,9% au S1 2025) notamment en Chine où les ventes freinent significativement (+1,3% contre +3,5% au S1 2025) en raison d’un T2 2026 en stagnation après +2,3% au T1.

La contreperformance dans le PROFESSIONNEL (-2,8% et -6,2% sur le seul T2 2026), dont les marges sont structurellement plus élevées que celles du Grand Public, est d’autant plus préoccupante que la branche était censée amorcer un redémarrage après des années 2024 et 2025 difficiles (évolution organique : -4,5% et -5,9% respectivement) au regard d’exercices antérieurs marqués par des progressions à deux chiffres. Nous cherchons encore l’impact des petites acquisitions qui devaient stimuler les ventes.

→ Sur ces bases de progression organique, le ROPA du 1er semestre 2026 est encore pénalisé par un mix-prix fortement négatif (-45 M€) qui annule plus des trois quarts de l’effet volume positif (59 M€), ce qui résulte d’une politique de promotion (programmes de fidélité) qui pèse sur la rentabilité unitaire des produits vendus. Cette stratégie commerciale récurrente depuis près de quatre ans tranche fortement avec la période où le Groupe jouissait d’une position concurrentielle suffisamment solide lui permettant de générer à la fois de la croissance en volume et un effet mix prix positif.

→ Par ailleurs la progression de la marge de ROPA est amplifiée par le remboursement de 15 M€ de droits de douanes américains qui impactent positivement le coût des ventes du semestre. Retraité de cet élément ponctuel la marge semestrielle ressortirait à 4,2% et non pas à 4,6%, soit juste 100 points de base au-dessus du médiocre niveau du S1 2025 (3,2%).

→ Enfin, si le Groupe annonce un impact positif annuel des premiers effets du plan Rebond compris entre 40 et 60 M€, il ne s’engage pas sur la croissance du CA consolidé 2026 et maintient une amélioration du ROPA sans fournir d’objectif précis, ce qui est rare à ce stade de l’année. L’absence d’indication chiffrée pour l’exercice 2026 traduit un réel manque de visibilité sur l’activité du 2ème semestre. A la lumière d’un 2ème trimestre 2026 sans élan, hormis aux Amériques, cette prudence nous paraît justifiée. Par ailleurs, dans un tel contexte nous craignons l’effet destructeur sur la génération de FCF des décaissements liés au plan Rebond tant au S2 2026 que sur l’année 2027. Sur ces bases, l’objectif d’une réduction significative de l’endettement et du ratio de levier (dette nette/Ebitda) demeure selon nous difficilement accessible, même en l’absence d’opération de croissance externe.

Au total s’il est permis de saluer l’amélioration de la rentabilité opérationnelle des activités au S1 2026, celle-ci n’a rien de spectaculaire car elle reste proche des plus bas historiques du Groupe SEB. De plus la génération de Cash-flow libre (FCF), redevenue positive fin juin 2026, demeure selon nous à risque (décaissements futurs du plan Rebond et grande incertitude sur la croissance de l’activité à court et moyen terme). Dans ces conditions, à politique de distribution inchangée, il nous paraît peu probable que le Groupe revienne d’ici fin 2027 à un ratio de levier de 2x l’Ebitda, présenté comme la norme du Groupe par le management en place actuellement

Vous trouverez sur le site de FÉDÉRACTIVE www.federactive.com le présent communiqué.

Le 28 juillet 2026

Communiqué de presse FÉDÉRACTIVE
Ventes et résultats SEB du 1°semestre 2026
Contact FÉDÉRACTIVE : Pascal Girardot - 06 86 44 75 71 - pascal.girardot4@gmail.com